Madagascar fait partie de ces contrées traversées par de multiples vagues d’invasion et qui ont pourtant su nourrir une culture qui leur est propre. La culture malgache repose sur un très fort esprit communautaire, né peut-être justement dans le croisement des populations, sur une île étape de la route des Indes. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…

Quelle est l’histoire de Madagascar ?

Les premiers habitants de Madagascar seraient arrivés sur l’île grâce à des bateaux, souvent des pirogues, après avoir traversé l’océan Indien. Ceux venus d’Indonésie, vers 300 avant J.-C., importèrent leur connaissance de la riziculture. Plusieurs siècles plus tard, les migrants africains apportèrent la culture sur brûlis et les zébus, quand les Arabes inscrivirent au patrimoine malgache la religion musulmane, tout comme le commerce des épices et des aromates.

Ce dernier imposa l’île sur la route des Indes, au carrefour des commerces, et les métissages commencèrent. Les Européens (qui ne l’étaient pas encore) frayèrent avec les habitants de Madagascar dès le seizième siècle, même si elle ne devint une colonie française qu’en 1895. Ce n’était pas la première fois qu’une culture cherchait à s’y imposer : les Portugais, les Hollandais, les Anglais et même les Français s’y étaient déjà essayés. À chaque tentative, les Malgaches avaient opposé une résistance suffisamment forte pour les faire renoncer.

Moins d’une centaine d’années plus tard, en 1960, ils retrouvaient d’ailleurs leur indépendance. Plus que jamais, ils étaient décidés à s’appuyer sur leurs racines afin d’exprimer toutes les nuances de leur identité. Leur choix de drapeau, où les différentes couleurs représentent à la fois les Mérinas, l’ethnie dominante, mais aussi les habitants de la côte tout comme l’instauration de la République autonome, l’exprime avec force.

Quels sont les principaux éléments de la culture malgache à connaître ?

Les traditions culturelles sont très présentes dans la culture malgache. D’un point de vue européen, il est parfois difficile de toutes les appréhender. Voilà les principales à connaître.

Le fady

L’exemple le plus connu en est le fady. Le fady, c’est le tabou, ce que vous ne devez surtout pas faire sous peine d’offenser les esprits (et vos hôtes). Les fadys sont nombreux à Madagascar, et varient selon les régions de l’île. Même si les Malgaches se montrent relativement tolérants vis-à-vis des vazaha, les étrangers, qui ne peuvent connaître toutes les coutumes, il est plus que recommandé de se montrer particulièrement prudent à proximité des tombes et des lieux de culte, même quand ils paraissent abandonnés. L’appui d’un guide expérimenté est plus que conseillé.

La famadihana, ou retournement des morts

La plupart des fady sont d’ailleurs liés au culte des anciens, le razana. L’une des coutumes les plus impressionnantes sur l’île est le famadihana ou « retournement des morts ». Pour rappeler le souvenir du défunt à la communauté, mais aussi pour lui demander conseil et protection, celui-ci est sorti de son tombeau lors d’une cérémonie où famille et amis se retrouvent.

Le fihavanana à travers la musique

L’événement n’est pas triste, au contraire : la culture malgache reste très liée à la fête. La musique et le chant font partie du quotidien, notamment parce qu’ils contribuent à entretenir le lien de la communauté. Le fihavanana, le lien social, doit à tout prix être préservé. Il est même considéré comme plus important que les biens.

En tous lieux, à la campagne comme en ville, vous aurez l’occasion d’assister à une représentation, souvent avec des instruments de musique très spécifiques : la valiha, cithare sur bambou tubulaire originaire d’Indonésie, le Marovany (xylophone malgache), la Sodina, une flûte indonésienne ou les ampongas, les tambours traditionnels. Et quand il n’y a pas d’instruments, les mains battent la mesure : les Malgaches trouveront toujours une bonne manière de faire danser leur esprit festif.

Leur énergie est telle que de nombreux artistes sont devenus connus mondialement, grâce aux réseaux sociaux. Il ne vous reste plus qu’à vous joindre à eux : les fêtes et concerts sont souvent ouverts à tout le monde.