Le canal des Pangalanes est l’une des fiertés malgaches : avec plus de 600 km, il est l’un des plus longs du monde. Il mesure quatre fois plus que le canal de Suez et huit fois plus que le canal de Panama. Mais ce sont surtout pour ses paysages et sa traversée de multiples villages qui ont su garder leur charme ancestral que vous l’apprécierez.

Naviguer sur le canal des Pangalanes sera plus facile en 2020

Ce canal impressionnant relie de multiples lacs et rivières. Sa construction a été épique : avant qu’il n’existe, les marchandises se transportaient à dos d’homme d’un bout à l’autre de l’île. De 1897 à 2001, les habitants, contraints et forcés, l’ont creusé à la pelle et au coupe-coupe.

Au fil des ans, sa construction a été parfois abandonnée, comme son utilisation. C’est ainsi que les jacinthes d’eau et les nénuphars l’ont envahi : jusqu’en 2019, seuls les chalands et les pirogues pouvaient encore l’emprunter, et seulement sur certaines portions.

Des travaux de drainage et de réhabilitation ont été initiés fin 2019. À terme, le but est de le rendre à nouveau entièrement navigable, afin de développer le tourisme dans la région, mais aussi de faciliter le transport des produits locaux et le désenclavement des villes. De nouveaux embarcadères sont prévus et un quai à passager a déjà été construit au port du Manangareza. L’implantation d’hôtels 5 étoiles sur les rives du canal fait partie de ce processus de transformation. En attendant, les villages isolés sur ses côtes ont conservé toute leur authenticité, ce qui contribue grandement au charme d’un périple le long du canal.

Sur l’eau et à côté, les différentes manières de découvrir le canal des Pangalanes

Le canal des Pangalanes traverse tout Madagascar, entre lacs, fleuves et lagunes. Sa nature luxuriante et indomptable, symptomatique de l’incroyable diversité naturelle de l’île, attire les regards. Le lac Ampitabe fait partie des incontournables : ses eaux pures se mêlent à ceux de l’océan indien pour offrir un point de vue exceptionnel. Il est aussi la porte d’entrée pour la forêt protégée de Vohibola ou pour les villages qui patientent entre les eaux.

Vous pourrez emprunter le canal pour une croisière, soit courte à bord d’une pirogue, pour aller d’une zone à l’autre, ou un peu plus longue dans un chaland. La végétation empiète sur l’eau mais, dans les terres, vous pourrez vous abreuver dans les feuilles d’un Ravinala, appelé aussi arbre du voyageur, ou admirer les fameuses oreilles d’éléphant, qui s’apparentent à des palmiers. Bananiers, roseaux et rizières dissimulent aussi des lémuriens de toute race.

Au fil du périple, l’alternance des paysages riches des mangroves et des plages de sables blancs sait séduire tous les voyageurs.

Un voyage hors du temps dans le passé de Madagascar

Cet enclavement des villes et villages, contre lequel veulent lutter les travaux de réhabilitation en cours, contribue au charme du voyage. Chaque petit village a su conserver ses rites, coutumes et lois séculaires. Les habitations s’élèvent sur des pilotis ou sont en torchis. Les différentes ethnies se succèdent pour mieux vous accueillir, prêtes à vendre les poissons péchés sur place et leurs pièces d’artisanat, comme des colliers ou bracelets en perles de raphia.

Le voyage devient mora mora, comme on le dit à Madagascar, une expression destinée à vous rappeler de prendre le temps de vivre. Sans même vous en rendre compte, vous aurez l’envie de multiplier les bivouacs. Vous vous arrêterez ainsi sur la presqu’île d’Akanin’ny Nofy. Son nom signifie Nid de rêve et ses 35 hectares abritent plus de 100 000 palmiers. Vous vous interrogerez sur l’énigmatique statue de « l’éléphant blanc » à Ambohitsara. Et vous aurez, peut-être, l’envie de refaire le trajet dans le sens inverse. À une vitesse ne dépassant pas les 10 km/heure, vous aurez tout le temps de vous poser la question…